La Société des Belles Personnes – Tobie Nathan

La Société des Belles Personnes – Tobie Nathan

Il s’agit d’un récit inspiré de faits réels.
Cimetière de Pantin (Paris) : François accompagne son père Zohar jusqu’à sa dernière demeure. Zohar est né en Égypte, un homme du peuple, issu de la glaise du Nil, un homme secret. Après une enfance trépidante dans la ville du Caire, le voilà qui débarque à vingt-sept ans dans le port de Naples, seul, sans famille, sans amis, sans un sou, avec la seule force de ses bras et ses yeux pour pleurer.
L’amour a toujours été l’allié de Zohar. Il lui a ouvert les portes des univers, et ces femmes ont été ses passeuses : Livia qui le recueille sur les quais de Naples, cela fait dix ans qu’elle bat le pavé, c’est une « professionnelle » expérimentée ; Thalia, une femme d’une beauté à faire pleurer, qui espionne les Égyptiens pour le compte des Juifs ; Paulette, évadée de Ravensbrück, dont « aimer qui on veut quand on veut » est la devise et Marie, avec ses yeux verts, une femme libre, fille du pêché…

Peu à peu, et de manière tout à fait insidieuse, se forment sous nos yeux, non seulement la vie du père, mais aussi celle de son pays de naissance et celle de son pays d’accueil, la France, pays où le passé finira par refaire surface pour mieux aider Zohar à parvenir à ses fins…

L’histoire rejoint magistralement « l’Histoire », et donne lieu à de grandes descriptions d’évènements clés, comme par exemple la nuit qui a mené à la destitution de Farouk, le roi d’Egypte. Le romanesque du récit n’en est pas pour autant laissé de côté, comme le montrent les portraits des principaux personnages, tout en profondeur, ainsi que le déroulement tout en contraste de l’intrigue, entre moments intenses, souvent dramatiques, voire violents, et passages plus « légers », permettant au lecteur de reprendre sa respiration au milieu de toute cette intensité parfois oppressante.
Ce roman est un « grand roman » , écrit dans un style fluide et chantant ; une lecture envoûtante et passionnante. En le lisant on peut entendre les musiciens et sentir les parfums d’Orient, mais aussi entendre les musiques françaises et américaines des années 1950.