La Bruyère, portait de nous-mêmes – Jean-Michel Delacomptée

La Bruyère, portait de nous-mêmes – Jean-Michel Delacomptée

La Bruyère a commencé à écrire tard, à 40 ans, et est mort jeune, à 52 ans. Il n’a composé qu’une seule œuvre, les « Caractères », qui connaît un succès foudroyant à telle point qu’elle sera éditée 8 fois du vivant de son auteur. Ces caractères dépeignent des personnages connus de son temps sans jamais citer leurs noms, mais qui se sont…reconnus : tel le répugnant et égoïste Gnathon ; le distrait et goujat Ménalque qui parle à une jeune veuve de son mari disparu – « Madame, n’aviez-vous que celui-là ? » – ; de l’opulent et riche Giton qui « se croit des talents et de l’esprit, il est riche », opposé à l’infortuné et modeste Phédon qui « semble craindre de fouler la terre, [et ne reçoit de] personne ni salut ni compliment : il est pauvre » ; on reconnaît également, dans « un portrait au couteau de boucherie » ,dixit Jean-Michel Delacomptée, la figure de Fontenelle, ennemi juré de La Bruyère. Les seules personnes épargnées par La Bruyère sont le Roi Louis XIV, les femmes et ses amis, Bossuet et Boileau en tête.
Les « Caractères », une œuvre littéraire qui n’intéresse que le XVIIème siècle ? Que nenni ! Elle s’applique parfaitement aussi au XXIème siècle : c’est la thèse de Jean-Michel Delacomptée et il la démontre au fil de son livre.
Un bijou d’histoire, de littérature, de philosophie et de style.

À apparaitre le 22/08/19