Les grands cerfs – Claudie Hunzinger

Les grands cerfs – Claudie Hunzinger

L’écrivain s’immerge dans le vaste monde, dans sa vie ou dans celle des autres pour en ressentir les émotions, le pouls, la rudesse et la douceur. Puis il écrit un roman qui va faire écho à nos vies, nos deuils, nos joies et nos autres émotions. Et si le roman nous parle c’est qu’il a touché juste et le livre refermé nous avons élargi l’espace en nous, nous nous sommes mieux compris nous-même, et avons mieux compris nos proches ou les lointains. C’est une des merveilleuses armes de la littérature. C’est la raison pour laquelle les librairies survivent, les éditeurs éditent et les écrivains écrivent.
Il y a l’écriture, la poésie, les mots qui nous élèvent plus haut mais aussi une empathie une sorte de fraternité humaine qui s’accroît au fur et à mesure de nos lectures. Ce quelque chose qui fait que certains directeurs de prison écourtent la peine des reclus d’une semaine à chaque livre lu, car chaque roman approfondit notre regard sur le monde, le déploie.

Claudie Hunzinger ne s’est pas immergée dans le monde des humains mais dans le monde animal, se levant chaque tôt matin ou plutôt chaque fin de nuit pour se cacher, se terrer même, dans la forêt des Vosges qui entoure sa vieille maison, enfouie et toute cabossée, afin d’observer la nature, les animaux, la nuit et plus particulièrement les cerfs. Pas seulement observer, se fondre dans la vie animale, dans notre vie animale.
Il y a des manifestes, des chiffres, des alertes sur la disparition des espèces mais ici c’est l’écrivain qui nous revient de cet enfouissement le cœur brisé renversé par les cerfs, les blaireaux, les oiseaux les insectes qui s’effacent de notre monde sans bruit et sans révolte.